Le groupe communautaire Omieney dans la province de l’Estuaire, et dont le principal maillon de la chaîne est représenté par les Mpongwé, a fait étalage le samedi 28 juin 2025 du malaise qui gangrène son unité. Le bicéphalisme qui mine sa hiérarchie s’est invité sur la place publique à la faveur de cette manifestation solennelle. Signe de fissure d’unité,  l’absence très remarquée du chef traditionnel du quartier Glass, Dr Adiahenot, à cette mythique procession, le week-end écoulé.

Dr Adiahenot, considéré comme le dépositaire des entités mystiques du groupe Mpongwè, et garant de l’autorité morale et spirituelle du sanctuaire « Olamba », du nom de l’ancien regroupement des villages allant tout au long des quartiers Lalala à Rénovation, sur le front de mer à Libreville, est l’une des deux têtes qui se disputent le leadership de la communauté Mpongwè, avec comme tête rivale, le chef coutumier du quartier Louis, sieur MAYINDO, initiateur et chef d’orchestre de cette procession de la discorde !

Cette absence qui a fait tâche d’huile, met sous les feux des protecteurs, le feu qui couve sous la cendre, sur fond de guerre de succession ouverte, depuis l’annonce du décès du chef traditionnel, R’OKANIMAMBO, au lendemain de la présidentielle d’août 2016.

Luttes d’influence, quête de privauté avec le sommet de l’Etat en vue de s’arroger le rôle d’interface du pouvoir exécutif, mainmise sur le positionnement des membres de la communauté dans les sphères du pouvoir, contrôle des financements occultes en provenance notamment de la Présidence de la République, bref, autant de situations de privilège, qui, de l’analyse d’esprits avisés, font le lit à ces querelles de clocher !

Cette guerre de coqs, hier encore latente, a plus que jamais transpiré dans le domaine public, lors de cette procession organisée sur fond de crise de balcanisation et de déficit d’unicité. Evandaganye 2025, s’est donc révélé être cet arbre qui cache la forêt.

Le Président OLIGUI NGUEMA, de blanc vêtu et pieds nus, lors du passage de la procession Evandaganye devant la Présidence de la République.

D’autre part, la participation active du Président de la République, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, dont la contribution fait visiblement jaser, émeut de nombreux membres de cette communauté, qui estiment, qu’il revient aux seuls enfants du « pays Mpongwè » de mettre la main à la pâte, en vue de la constitution des offrandes à offrir aux génies protecteurs et bienfaiteurs.  Sur un tout autre plan, la présence  » des pièces rapportées », c’est à dire, des personnes étrangères au lignage, pur jus, allusion au « sang mêlé », en premier de cordée du pouvoir discrétionnaire de la communauté, est, de sources concordantes, la principale pomme de discorde qui explique l’absence de plusieurs autres gardiens de la tradition à cette procession. Des gardiens du temple qui crient à la violation des codes culturels, avec comme épée de Damoclès, un imprévisible retour du bâton ! Cette concession permettant à un  » sang mêlé » de disposer du « Trône », suscite une levée de boucliers chez les puristes.

Un argumentaire balayé du revers de la main par les adeptes du progressisme culturel, qui brandissent des réformes en interne qui ouvrent désormais porte aux  » sang mêlés » et alliés. La procession Evandaganye est un cérémonial sacré, organisée tous les 25 ans.