Ce que l’on nous présente comme un « socle politique » n’est, en vérité, qu’un recyclage sophistiqué des logiques anciennes : centralisation extrême du pouvoir, verticalité autoritaire, ritualisation du consensus. Une fois encore, on tente de peindre une façade républicaine sur les ruines d’une autorité qui ne s’est jamais vraiment réinventée.

Rien n’a changé tant que les piliers du système restent debout.

Dans De la dictature à la démocratie, Gene Sharp identifie ces piliers avec lucidité : la peur, la propagande, l’obéissance passive, le soutien institutionnel, les intérêts économiques, la répression. Tant que ces fondements sont intacts, toute prétendue transformation politique reste une illusion.

C’est la thèse fondamentale de Sharp : le pouvoir ne réside pas dans l’État lui-même, mais dans la coopération que les citoyens lui accordent – souvent à contrecœur, parfois par habitude, et trop souvent par résignation. Dès lors, la véritable rupture n’est pas dans la proclamation d’un nouveau cadre, mais dans le retrait organisé et stratégique de cette coopération.

Rousseau l’écrivait déjà : “Le peuple anglais pense être libre ; il ne l’est que durant l’élection des membres du Parlement. Dès qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien.” C’est ce qui menace toute République née sans refonte radicale des institutions : l’apparence de la liberté au service du maintien de l’ordre ancien.

La Boétie, lui, appelait cela la « servitude volontaire » : ce moment tragique où les peuples acceptent, par lassitude ou par peur, le règne des puissants. Ce n’est pas le tyran qui est fort, écrivait-il, c’est le peuple qui s’oublie.

Nous sommes à ce moment précis de l’Histoire où la lucidité doit devenir insurrectionnelle.

L’heure n’est plus à la célébration des faux commencements, mais à la désobéissance civique, stratégique, résolue.

Il n’y aura pas de Cinquième République tant que la première révolution n’aura pas eu lieu.

Et cette révolution ne sera pas de sang. Elle sera d’organisation, de refus, de courage. Une révolution comme la pense Gene Sharp : fondée sur le retrait des soutiens, la paralysie des leviers de domination, la création d’alternatives populaires, la désobéissance structurée.

Elle naîtra quand les citoyens cesseront d’applaudir ce qu’ils ne croient plus, de servir ce qu’ils ne respectent plus, d’obéir à ce qui les mutile intérieurement.

Alors, que chacun se tienne prêt. Car le jour viendra — et il vient toujours — où il ne s’agira plus de commenter l’Histoire, mais d’y entrer. Et ce jour-là, que personne ne dise : je ne savais pas.

Alice ADIBET, sur les dents contre la pérennisation politique de l’ordre ancien

Mme Alice Adibet

Congrès des Citoyens Libres – Ancien mouvement Bongo Doit Partir



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