Ulcérée par la persistance des pratiques symptomatiques de « sous-développement », voire de tropicalisation de lauriers tressés sur la tête du « Roi », une compatriote gabonaise livre sa part de vérités sur l’importance de mettre un terme à ces dérives comportementales localement baptisées du jargon « Kounabélisme ». Des approches politiques passéistes, qui consistent à faire dans le « griotisme », le « folklorique » ou encore dans la courtisanerie, aux fins d’espérer de frapper dans l’œil du Prince.
Ces agissements pourtant dénoncés à coups de clairons sous les règnes des BONGO père et fils, et dont la caricature confine au tristement « Kounabélisme », semblent, contre toute vraisemblance, s’offrir de beaux jours en ce début de magistère du Président Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, au nom du père, du fils et du neveu.
Zoom sur un extrait de cette sortie à forte dose pédagogique : » Vous revenez d’un voyage que j’imagine être un déplacement officiel lié aux affaires de la République. Pourquoi, au lieu d’aller simplement et dignement poursuivre vos fonctions au Palais, doit-on organiser des attroupements, bloquer des routes, perturber les activités des travailleurs, immobiliser des bus, consommer du carburant et engager des frais logistiques parfois considérables… tout cela pour un retour qui aurait pu rester discret et institutionnel ?
Ce ne sont pas des dépenses personnelles prises sur le salaire des fonctionnaires, aussi élevé soit-il. Ce sont des fonds publics, qui pourraient, que dis je, qui devraient être utilisés au bénéfice direct de la population, pour améliorer son quotidien. Son triste quotidien… »
Plein feux sur l’entièreté de cette critique faite sur un ton courtois et ferme, de notre compatriote MC Cathy, empreinte d’interpellation au Président OLIGUI NGUEMA à éventrer ce boulet qui obère insidieusement les finances publiques.
Monsieur le Président de la République,
Je vous écris avec respect, mais aussi avec le devoir de vérité.
Je ne doute pas de vos intentions ni de votre volonté de faire avancer notre pays. Cependant, certaines pratiques persistantes, surtout celles qui partent du sommet de l’État, méritent d’être remises en question si l’on souhaite sincèrement amorcer un véritable changement.
Vous revenez d’un voyage que j’imagine être un déplacement officiel lié aux affaires de la République. Et pourtant, à votre arrivée, nous avons assisté à un spectacle devenu tristement habituel : des ministres, des hauts cadres, des directeurs, des employés, mais aussi des citoyens ordinaires, mobilisés en masse pour vous accueillir.
Pourquoi une telle démonstration ? Pourquoi, au lieu d’aller simplement et dignement poursuivre vos fonctions au Palais, doit-on organiser des attroupements, bloquer des routes, perturber les activités des travailleurs, immobiliser des bus, consommer du carburant et engager des frais logistiques parfois considérables… tout cela pour un retour qui aurait pu rester discret et institutionnel ?
Toutes ces ressources sont financées, directement ou indirectement, par le contribuable. Ce ne sont pas des dépenses personnelles prises sur le salaire des fonctionnaires, aussi élevé soit-il. Ce sont des fonds publics, qui pourraient que dis je, qui devraient etre utilisés au bénéfice direct de la population, pour améliorer son quotidien. Son triste quotidien…
Cette manière de faire, profondément ancrée dans notre culture politique, participe à la déshumanisation de l’humain et à la perpétuation de l’inefficacité institutionnelle. Comment espérer un changement profond du pays si ces habitudes, souvent vides de sens mais coûteuses en dignité comme en ressources, ne changent pas ? Comment parler d’exemplarité si la priorité reste donnée à la mise en scène plutôt qu’au travail de fond ?
Monsieur le Président, le peuple attend un leadership sobre, efficace, et tourné vers l’essentiel. Tout cela est dû déjà vue, du déjà vécu et on sait Tous ici où cela a conduit notre pays…
Changer un pays commence par changer les symboles que l’on entretient, changer de petites habitudes toxiques…
Donnez le mot d’ordre afin que ces habitudes deviennent des souvenirs …





