Le Gabon se retrouve, contre son gré, sommé de revisiter sa copie, dans son ambition revendiquée à coups de clairon, de transformer localement son manganèse d’ici à 2029. Car son chronogramme initialement annoncé à cette échéance, vient d’être prorogé de deux ans par les autorités françaises, à la faveur de la visite d’Etat en France, courant mi-juillet 2026, du chef de l’Etat gabonais, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA. Une France, professionnelle des honteuses pratiques de « l’Afrique des comptoirs » qui siphonne allègrement depuis plus de 60 ans les ressources naturelles du Gabon, dont son manganèse, au détriment du développement local.
La conquête de souveraineté économique, brandie comme moteur de cette nouvelle approche, semble se heurter à la vision prédatrice du vrai détenteur des lévriers économiques nationaux, c’est à dire, la France, qui n’entend visiblement pas lâcher aussi facilement le morceau. Le Gabon, qui est malencontreusement rangé par la France au statut de simple « vache à lait » 🐄, se résout, sans broncher, dans l’inconfortable caricature de pays riche, peuple pauvre !
Victoire à la Pyrrhus pour le Gabon, donc l’ambitieux projet économique vient d’être reduit à de simples déclarations de bonnes intentions. Reste à savoir si Libreville donnera corps à ses menaces implicites de s’acoquiner à de nouveaux partenaires, si la France s’essayait à faire la sourde d’oreille. Et voilà que, mieux que la sourde d’oreille qui était tant redoutée, Paris s’autorise l’outrécuidance de faire un pied de nez au Gabon, en demontrant à la face du monde, qui détient réellement les clés du camion économique Gabon, et partant, les clés de la décision ultime.
Contrairement au Niger, qui, dans son ambition de reconquête de sa souveraineté économique, s’est permis de donner un coup de pied à la France dans la gestion de son uranium, en poussant le culot jusqu’à nationaliser ce secteur, le Gabon, dans la même perspective de souveraineté économique affichée, choisit vraisemblablement de baisser la culotte, en prenant de décisions aux antipodes du Niger. Signes des temps, la France maintien le monopole dans la gestion du manganèse gabonais, à travers la société Eramet.
Résultat des courses, les promesses mirobolantes de reconquête de la souveraineté politique et économique du Gabon, ne sont visiblement pas pour demain. Car au-delà de la décision de la France de jouer la montre, cette démonstration de Realpolitik, conforte les dénonciations légion de caporalisation continue de l’économie gabonaise par l’actuelle puissance tutélaire, qui se complait, sans rencontrer de résistance, dans une posture paternaliste.
Ce retournement de situation au profit du prédateur économique français, est une démonstration, s’il en était encore besoin, que les pompeuses déclamations de retour du Gabon à la souveraineté économique, ne sont que mirage !
Comme le dit l’adage: les promesses n’engagent que ceux qui y croient !




