Des centaines de millions, voir des millards de franc cfa sortis du trésor public pour célébrer à grand renfort de mobilisation humaine la libération controversée du 30 août 2023, contre zéro discours à la Nation, zéro réquisition gouvernementale ou mobilisation gigantesque pour honorer la mémoire des martyrs et des familles des victimes du carnage perpétré au Q.G de Jean PING par les barbouzes à la solde du régime sanguinaire BONGO-PDG ! C’est l’accablant constat d’un paradoxe politique qui questionne, au point de remonter à nouveau en surface la sempiternelle question: à qui profite le crime ?
L’exigence de lumière sur ces crimes de sang, diaboliquement organisés par le régime d’Ali BONGO contre les partisans du changement qui s’étaient mobilisés au Q.G de son challenger à la présidentielle d’août 2016, Jean PING, est non négociable. Exigence qui continue d’être enrobée d’épaisses zones d’ombre. Pour cause, l’attitude du politique visant à vouloir cacher la poussière placardisation Une approche ambiguë, matérialisée par le retard toujours accusé, dans la mise en place d’une commission vérité, justice, pardon et réconciliation. Commission censée établir les responsabilités des uns et des autres, en vue de mieux envisager le projet de construction d’un destin commun, à travers la création d’un environnement du vivre-ensemble, dans lequel toutes les filles et fils du Gabon se parlent et se pardonnent, avant d’envisager de regarder dans la même direction. Une ambition de bond qualitatif vers l’union sacrée, qui a pour préalable, notre réelle capacité à faire face, sans faux-fuyant, sans faiblesse et sans sentiment vindicatif, à notre passé commun, aussi douloureux soit-il.
Sans ce passage obligé, toute légitime ambition de restauration de la dignité, d’exhumation de l’ex Parti au pouvoir, le PDG, et les velléités visant à mettre le curseur sur l’essor vers la félicité, est vouée au misérable destin de la toile de Pénélope.
Comble de ce paradoxe saisissant, de nombreux comptables de cette page sombre de l’histoire du Gabon ont, toute honte bue, été décorés ce 30 août des médailles nationales de compagnon et de chancelier de l’ordre de la Libération, contre aucune reconnaissance officielle à titre posthume, encore moins au bénéfice des survivants de cette » boucherie humaine » du 31 août 2016 au Q.G de Jean PING. Des hommes et des femmes dont le souvenir mémoriel est vraisemblablement passé en pertes et profits, comme si dans leur cas de figure, le concept de Nation reconnaissante, n’en valait pas la chandelle. Des gabonais, massacrés par plusieurs dizaines, tel du bétail, pour avoir commis l’impair d’opposer résistance à un énième hold-up électoral à l’actif d’Ali BONGO.
Comme couche rajoutée à cette omerta, aucune information judiciaire n’est officiellement ouverte à ce jour, malgré les promesses de restauration de la dignité perdue, du temps du règne des BONGO père et fils.
A l’opposé, aucune marge d’omission n’a été autorisée en cette année 2026, lors de la célébration avec faste du 30 août 2023, marquant la chute d’Ali BONGO et de sa cohorte de la Young Team. Des moments festifs qui ont été immortalisés en bonne compagnie des bourreaux d’hier, ces gardiens du temple du système BONGO-PDG, nouvelle version.
Drôle de Liberation, sans les réels combattants acharnés du Gabon llibre, aujourd’hui confinés à la placardisation pour refus de deal sulfureux, et supplantés par des meutes de profito-situationnistes bon teint.
A l’aune de ce jeu des chaises musicales, c’est tout comme, l’instauration du 30 août, viserait à simplement éclipser le traumatisme national du 31 août.
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