La polémique enfle entre langue qui a fourché et velleités de glissement autocratique, depuis la prise de parole publique non encadrée par les textes reglementaires, du Président gabonais, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, annonçant l’initiation prochaine du gouvernement au rite traditionnel Ndjobi. Confrérie secrète, essentiellement pratiquée dans la province du Haut Ogooué, au sud-est du Gabon. Une prise de parole qui fait jaser, du fait d’être en contradiction avec les principes de convictions personnelles et à rebours de la norme constitutionnelle relative à la liberté de culte.
« Nul n’est au dessus de la loi » une assertion bien connue, qui intègre dans son champ d’application, tout citoyen du monde, sans exception, chefs d’Etats y compris. Et dans ce registre de principe intengible, le Gabon ne saurait constituer l’exception qui confirme la règle. Engager l’Etat central dans une démarche entachée du sceau d’inconstitutionnalité, est soit une dérive autocratique par omission, soit une volonté manifeste de se confondre à la loi, au risque de faire dégringoler le Gabon dans ce qui pourrait être caricaturé en Oliguiland, voisin du cauchemardesque royaume déchu du Bongoland, dans lequel le système BONGO-PDG a honteusement confiné les citoyens gabonais en sujets du clan régnant. Un prosélytisme sur fond de reculade démocratique, qui ne serait être toléré, sous aucun prétexte.
C’est donc clair que les membres du gouvernement ne sont astreints à une quelconque servitude mystico- sprirituelle, même au nom des rites initiatiques du terroir, à l’instar Bwity, du Mbouiri, de l’Okoukwè, du Melane, encore moins du Ndjobi, pour ne citer que ceux là. La loi prévoit, sinon exige à minima, le consentement personnel, ce libre arbitre qui guide l’expression de liberté des pratiques cultuelles.

Les personnalités hissées en responsabilité aux sein des institutions constitutionnelles et de l’administration publique tout court, ne sauraient donc être assujetties au fait du Prince, même au prétexte de la lutte contre la gabegie financière.
Un alibi, qui, à l’épreuve de la pratique de la gouvernance publique au Gabon, est bien loin de convaincre. Un déficit d’argument-massue, qui est davantage caracterisé, quand on sait d’où sont issus le gros des deliquants en col blanc et autres criminels économiques dont regorge le pays. Un contingent de politiques et de gestionnaires véreux, en provenance pour la plupart de » Jérusalem », et donc, potentiellement initiés au Ndjobi.
La reddition des comptes, sans complaisance, sans justice à géométrie variable, est un début de solution sérieuse, bien loin des incantations politiciennes.




