Le bond en signatures nécessaires à la création d’un parti politique au Gabon, passe désormais du simple au quadruple. Le projet de loi y relatif, scellant ce passage du nombre de signatures de 3 000 à 12 000, a été adopté le lundi 17 juin en cours, par l’Assemblée Nationale de transition.

La mesure s’étend à tout le paysage politique, sans exception, allant de la centaine de partis politiques officiellement reconnus, à ceux aspirant s’inviter dans l’arène. Des signatures d’adhérents, qui doivent désormais être adossées au Numéro d’Identification Personnel, N.I.P, de chaque signataire. Un capital signatures, beaucoup plus facilement accessible aux partis « nantis ».

Comme, entre autres exigences rallongeant cette liste d’éléments constitutifs à la création de parti politique, la loi évoque l’obligation de disposer d’un siège social, d’un compte bancaire, et de documenter la vitalité politique en interne, via la traçabilité des Congrès et autres réunions statutaires.

Pour lutter contre le phénomène de léthargie et d’inaction, les parlementaires de la transition ont voté pour la radiation automatique des partis politiques, qui ne participent pas à deux scrutins consécutifs de même nature.

La voie a également été ouverte, à la suspension temporaire d’une formation politique reconnue coupable de manquement grave, dont le trouble à l’ordre public.

C’est dire que les formations politiques existantes, qui ne s’arrimeront pas à ces nouvelles exigences, seront de fait poussées au ban de la zone de légalité, et par conséquent,  condamnées à disparaître !

Une batterie de mesures, à l’actif d’un parlement, dépourvu de légitimité, puisque ne bénéficiant d’aucune once de confiance du peuple souverain. Des parlementaires, voués vraisemblablement à se coucher devant la volonté du Prince. Une autorité de nomination, dont le rapport à l’échange de bon procédé reste notamment empreint de l’assertion :  » La main qui donne est toujours au dessus de celle qui reçoit » fin de citation !

C’est donc dire que l’adoption de cette loi, reste entachée du fait du Prince, même si la nécessité de toilettage de l’environnement relatif à la création de partis politiques au Gabon, urgeait !

Cette reconfiguration en cours du paysage politique gabonais, emportera avec elle, un pan important des partis politiques de l’ère de la Conférence nationale de 1990. Période qui coïncide avec le retour au pluralisme politique au Gabon, avec en parallèle, la fin du règne du Parti Démocratique Gabonais, P.D.G, comme Parti unique et Parti Etat.

 





Assistant Edu Gabon