Triste destin crépusculaire pour l’homme d’affaires burkinabé, dont le rêve gabonais de la ruée vers l’or, via le navire battant pavillon, Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale, CNNI, tourne au « Titanic ». C’est acté, le bluff EBOMAF/CNNII, est définitivement mort de sa belle mort !

EBOMAF a scié la branche sur laquelle il était assis, en nourrissant le cynique dessein d’uniquement prendre à son compte les actifs de la CNNII, avec en toile de fond, la funeste ambition de refiler le « ɓébé » du passif à l’Etat, bien entendu, avec son cortège d’ardoise salée, notamment alourdie par les dettes des fournisseurs et autres, arriérés de salaires. Un projet d’emfumage, visible comme le nez sur le visage, qui a été éventré net !

Le refus d’EBOMAF d’endosser la posture de société citoyenne, est donc le nœud gordien qui a précipité ce divorce. Orienté à maxima vers le profit, le consortium burkinabé voulait visiblement se farcir l’Etat gabonais, en captant la poule aux œufs d’or, disons, en s’offrant la fine Rose, tout en paradoxalement, opposer une fin de non recevoir à ses épines. Ce qui, à la pratique, relève de l’absurdité, mieux encore, de la distorsion du principe de droit, puisque qu’on ne peut prétendre hériter des actifs, en bidouillant des alibis pour se départir du passif.

Après plusieurs mois de bras de fer, entrecoupés de grèves du personnel, justement remonté contre les atermoiements d’EBOMAF à assumer le volet arriérés de salaires qui rentrait pourtant dans son cahier de charges, le couvercle a fini par sauter ! Résultat des courses, EBOMAF s’en tire éclaboussé par un énième revers, qui vient d’avantage écorner le peu de réputation qui lui reste.

La rupture étant consommée, l’État gabonais reprend donc le contrôle du navire CNNII, avec un moral visiblement boosté, au regard de la nouvelle vision managériale avec laquelle il envisage de désormais diversifier les niches financières de cette administration publique.

Dans son nouveau tableau de chasse, la CNNII prévoit d’élargir l’espace de sa tente, en ajoutant comme cordes à son arc, des services portuaires jusqu’ici non facturés, comme la taxe de séjour des navires accostant sur les ports secondaires. Autre levier à mettre à contribution, la prééminence de la préférence nationale, dans le transport des produits des sociétés extractives.

Bref, un catalogue de nouvelles offres est en cours de confection dans les laboratoires de la CNNII, pour tenter de l’exhumer des méandres d’un « enfer, pavé de bonnes intentions ».