Au cœur de vives contestations à l’actif des agents publics, le projet de loi portant supplantation du système d’avancement automatique de l’agent public par l’avancement au mérite, suscite des éclats de voix, sur fond de rejet généralisé. Pour sa part, la Fédération syndicale des enseignants de l’éducation nationale, Feseena, motive son rejet, par le risque de l’institutionnalisation de l’arbitraire et des passe-droits, sur fond de floraison de réseaux de copinage. Une prise de position rendue publique le lundi 27 juillet 2026, à la faveur de la clôture de l’année syndicale.
« Sur le papier, le mérite séduit. Dans les faits, la FESEENA rappelle avec gravité que le clanisme et le népotisme demeurent, dans de nombreux départements ministériels, une réalité persistante et documentée », s’est exprimé d’un ton ferme et assuré, le secrétaire général de la Fédération syndicale des enseignants de l’éducation nationale, Feseena, Idriss Presley MBADINGA. Se déclarant nullement opposée au principe du mérite, la Feseena suggère le rajout de ce critère, aux droits acquis, notamment, le système d’avancement automatique, dans le processus de gestion des carrières des agents de l’Etat. « Les changements en perspective, pourraient desservir les plus méritants, au profit des promotions copain-coquin » a poursuivi Idriss Presley MBADINGA.
Dans son discours bilan de l’année syndicale, le secrétaire général de la Feseena, a passé au crible les maux qui plombent le secteur de l’éducation au Gabon, en mettant notamment en relief : la faiblesse des capacités d’accueil au sein des établissements publics ; le déficit matériel, logistique et financier accusé par les personnels d’encadrement, dont les responsables d’établissements ; les carences dans la formation des personnels enseignants, au regard du flou artistique autour du calendrier officiel des concours d’entrée au sein des écoles spécialisées de formation (ENI, ENSET, ENS), outre, l’urgence de rompre avec les mauvaises habitudes de désignation des chefs d’établissements, l’avant-veille des rentrées scolaires.
Les aspects purement financiers n’ont pas été en reste : apurement du processus de paiement des rappels ; paiement de la bourse aux étudiants de l’ENS, en grève contre les retards accusés ; invitation à l’instauration d’une prime d’éloignement, au bénéfice des enseignants affectés dans les zone très reculées, dans les confins du pays.
Tout en soulignant son attachement au dialogue et à la justice sociale, la Feseena, a réitéré son ambition d’œuvrer à la construction d’une école gabonaise performante, moderne, équitable et inclusive, où chaque enseignant exerce son métier dans la dignité.




